Contexte et besoin
En RCA, l'alphabétisation des 15-24 ans plafonne à 38,3 %, et le taux d'achèvement du primaire s'établit à 40 % pour les filles contre 57 % pour les garçons. Pauvreté des ménages, insécurité, mariages et grossesses précoces (61 % des femmes mariées avant 18 ans), tabou de la santé menstruelle : autant de déterminants qui se renforcent. Le programme s'adresse à des adolescentes de 9 à 18 ans à fort potentiel issues de ménages à faible revenu.
Ce que nous avons fait
Cinq accords-cadres conclus avec cinq lycées publics de Bangui. Sélection par un comité mixte (Fondation, établissements, ministères) : 75 adolescentes présélectionnées, épreuve écrite et entretien oral à l'Alliance Française, 15 retenues. Déploiement : association des familles (75 accords d'engagement), 14 femmes mentors engagées, trois sessions de remédiation en français langue de scolarisation, dotation en kits d'hygiène, sensibilisation au numérique, retraite des parties prenantes.
Résultats observés
Sur les 15 adolescentes accompagnées, 100 % ont été admises en classe supérieure, et 3 ont reçu une distinction nationale d'excellence (Prix FECADD). La trajectoire linguistique, restituée sans la lisser, fut celle d'un apprentissage exigeant : démarrage solide, palier en milieu d'année, redressement ensuite. Les familles rapportent des adolescentes plus assidues et plus assurées à l'oral.
Ce que nous avons appris
L'écart de 25 à 15 — sur 75 jeunes filles présélectionnées comme les plus prometteuses, 15 seulement réunissaient les prérequis — ne dit rien de défavorable sur elles, mais renseigne sur un système qui, dès le primaire, ne donne pas aux filles les mêmes fondations qu'aux garçons. Enseignement : le point de blocage précède le dispositif. Il faut travailler le vivier en amont, sans transiger sur le niveau dû aux jeunes filles.
Perspectives
Consolider la cohorte de Bangui, préparer une deuxième cohorte sur un vivier élargi, réactiver les volets différés (informatique, anglais, arts, éloquence), et programmer une évaluation externe à l'échéance de la deuxième année. À terme : une couverture nationale.

